Recherche

Publicité

Mercredi 21 novembre 2007

Etant donné les mouvements sociaux du moment, Renaud en a profité pour ressortir Hexagone. C’est une chanson, interdite d’antenne en 1980 et écrite sous Giscard, qui dénonce la connerie des français. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous mets le texte car il faut dire qu’on a du mal à comprendre les paroles quand Renaud chante aujourd’hui en live. Il a fait de belles chansons et même si on ne l’entend pas trop, c’est un chanteur engagé. Je l’ai vu l’autre soir sur le plateau du Grand journal de Canal + et il avait de bonnes idées. Quand il est tombé amoureux, son grand passage culcul bobo me saoulait mai s c’est un brave gars quand on sait par quoi il est passé. Sinon, ce n’est pas très intéressant, mai s j’ai vu son frère Thierry Séchan à un salon du livre (car il est écrivain) et il lui ressemble comme 2 gouttes d’eau.

Allez, lisez bien ces paroles, elles ont un goût de déjà vu et reflètent bien l’actualité et la réalité…

 

Hexagone (Renaud)

Ils s'embrassent au mois de janvier

Car une nouvelle année commence

Mais depuis des éternités

L'a pas tell'ment changé la France

Passent les jours et les se mai nes

Y'a qu'le décor qui évolue

La mentalité est la même

Tous des tocards, tous des faux culs

 

Ils sont pas lourds, en février

A se souvenir de Charonne

Des matraqueurs assermentés

 Qui fignolèrent leur besogne

 La France est un pays de flics

 A tous les coins d'rue y'en a cent

 Pour faire règner l'ordre public

 Ils assassinent impunément

 

Quand on exécute au mois d'mars

 De l'autr' côté des Pyrénées

 Un anarchiste du pays basque

 Pour lui apprendre à s'révolter

 Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent

 De cette immonde mise à mort

 Mais ils oublient qu'la guillotine

 Chez nous aussi fonctionne encore

 

Etre né sous l'signe de l'hexagone

C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment

Et le roi des cons, sur son trône

J'parierai pas qu'il est all'mand

 

On leur a dit, au mois d'avril

A la télé, dans les journaux

De pas se découvrir d'un fil

Que l'printemps c'était pour bientôt

Les vieux principes du seizième siècle

Et les vieilles traditions débiles

Ils les appliquent tous à la lettre

Y m'font pitié ces imbéciles

 

Ils se souviennent, au mois de mai

D'un sang qui coula rouge et noir

D'une révolution manquée

Qui faillit renverser l'histoire

J'me souviens surtout d'ces moutons

Effrayés par la liberté

S'en allant voter par millions

Pour l'ordre et la sécurité

 

Ils commémorent, au mois de juin

Un débarquement d'Normandie

 

Ils pensent au brave soldat ricain

Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui

Ils oublient qu'à l'abri des bombes

Les Français criaient: vive Pétain

Qu'ils étaient bien planqués à Londres

Qu'y'avait pas beaucoup d'Jean Moulin

 

Etre né sous l'signe de l'hexagone

C'est pas la gloire, en vérité

Et le roi des cons, sur son trône

Me dites pas qu'il est portugais

 

Ils font la fête au mois d'juillet

En souv'nir d'une révolution

Qui n'a ja mais éliminé

La misère et l'exploitation

Ils s'abreuvent de bals populaires

D'feux d'artifice et de flonflons

Ils pensent oublier dans la bière

Qu'ils sont gourvernés comme des pions

 

Au mois d'août c'est la liberté

Après une longue année d'usine

Ils crient : "Vive les congés payés"

Ils oublient un peu la machine

En Espagne, en Grèce ou en France

Ils vont polluer toutes les plages

Et, par leur unique présence

Abîmer tous les paysages

 

 

 

Lorsqu'en septembre on assassine

Un peuple et une liberté

Au coeur de l'Amérique Latine

Ils sont pas nombreux à gueuler

Un ambassadeur se ramène

Bras ouverts il est accueilli

Le fascisme c'est la gangrène

A Santiago comme à Paris

 

Etre né sous l'signe de l'hexagone

C'est vraiment pas une sinécure

Et le roi des cons, sur son trône

Il est français, ça j'en suis sûr

 

Finies les vendanges en octobre

Le raisin fermente en tonneaux

Ils sont très fiers de leurs vignobles

Leurs côtes-du-rhône et leurs Bordeaux

Ils exportent le sang de la terre

Un peu partout à l'étranger

Leur pinard et leur camembert

C'est leur seule gloire à ces tarés

 

En novembre au Salon d'l'auto

Ils vont admirer par milliers

L'dernier modèle de chez Peugeot

Qu'ils pourront ja mai s se payer

La bagnole, la télé, l'tiercé

C'est l'opium du peuple de France

Lui supprimer c'est le tuer

C'est une drogue à accoutumance

 

En décembre, c'est l'apothéose

La grande bouffe et les p'tits cadeaux

Ils sont toujours aussi moroses

Mais y'a d'la joie dans les ghettos

La Terre peut s'arrêter d'tourner

Ils rat'ront pas leur réveillon

Moi j'voudrais tous les voir crever

Etouffés de dinde aux marrons

 

 

Etre né sous l'signe de l'hexagone

On peut pas dire qu'ça soit bandant

 

Si l'roi des cons perdait son trône

Y'aurait 50 millions de prétendants

 

Par Chacha - Publié dans : sinequanon
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus