
Le hérisson Erinaceus europaeus fait partie des mammifères insectivores de la famille des Erinacéidés. Sa longévité ne dépasse pas 10 ans, mais sa moyenne d'âge dans la nature est de 2
ans car plus du tiers de sa population périt chaque année. C’est un animal à activité crépusculaire et nocturne. C'est un omnivore qui mange aussi bien des produits d'origine animale que des
racines, des fruits, des glands. La nuit est consacrée à la chasse. Dès le crépuscule, il cherche sa nourriture composée d'insectes, de vers, d'escargots, de limaces, d'œufs, de fruits et de
baies. Occasionnellement, il s'attaque aux serpents, lézards, rongeurs, batraciens et oiseaux nichant à terre. Il dort, pendant le jour, dans des nids d'herbe sèche et de feuilles mortes, souvent
situés dans les buissons ; il occupe parfois des terriers de lapins ou se cache dans des tas de feuilles, de foin ou de compost. Le hérisson est un hibernant qui hiverne généralement là où
il vit à la bonne saison, dans une litière de feuilles, de brindilles ou de mousse. Il entre dans une léthargie profonde dès que la température ambiante descend en dessous de 10°C. Le réveil
définitif se fait au printemps, vers le mois d'avril, quelles que soient les conditions climatiques. Peu après la fin de l'hibernation commence la saison du rut, qui dure jusqu'au mois de
septembre. Après une période de gestation de 5 à 6 semaines, les femelles mettent bas 4 à 7 jeunes. Il peut y avoir 2 mises bas dans l'année. Le jeune hérisson devient adulte au printemps suivant
sa naissance. Son organe sensoriel le plus développé est l'odorat. Il possède également une ouïe très fine.

Voilà pour la présentation générale. A tous les problèmes qui n’épargnent pas nos pauvres hérissons, s’ajoutent une nouvelle menace : les mangeurs de hérissons. Pendant la guerre avec les
périodes de famine, les gens mangeaient de tout, du rat, des hérissons…Mais de nos jours cela existe encore. Dans la culture tsigane, le hérisson fait partie des mets de choix. La période de
chasse au hérisson s’étend de l'automne au début de l'été suivant, aussi bien en journée que la nuit. Le hérisson est chassé à la main ou avec un chien. Il est soit pisté, soit récupéré dans son
nid. Un chasseur peut rapporter jusqu'à quinze hérissons. S'ils ne sont pas préparés et mangés sur le champ, les hérissons sont ramenés vivants jusqu'au campement, là, ils sont entreposés dans un
enclos et attendent le sort qui leur est réservé. L'animal qui s'est mis en boule est posé par terre. Ses piquants sont alors vigoureusement frottés avec un bâton. Il se déroule et tente de
s'enfuir, lorsqu'un coup sec lui est assené sur la tête et le tue instantanément. Son sang s'épand par le nez. Ensuite le hérisson est balancé par les pattes de derrière. Les piquants peuvent
être enlevés de deux façons. Il peut être rasé à l'aide d'un couteau bien aiguisé en tendant la peau de l'animal. Parfois, l’animal est gonflé comme un ballon. Pour ce faire, on introduit la
pipette d'une pompe à vélo dans la bouche du hérisson ou dans l’entaille d'une patte arrière et l'air sera insufflé. Certains Tsiganes pratiquent même une sorte de bouche-à-bouche.
Manger du hérisson est interdit
par la loi. Même si ça n’a pas l’air de déranger les auteurs de l’Almanach du chasseur qui consacraient un article sur la préparation du civet de hérisson dans son édition 2006-2007. Or, le
hérisson est une espèce protégée, dont la capture et la destruction sont illégales et punies de 9 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. En effet, cet animal inoffensif
bénéficie d'un statut de protection total par l'arrêté du 17 avril 1981. I1 est donc interdit en tout temps et sur tout le territoire français, de détruire, capturer ou enlever, de naturaliser,
qu'il soit vivant ou mort, de transporter, d'utiliser, de commercialiser le Hérisson d'Europe.